22.03.2007

Communiqué Intersyndical : Relavalorisation de l’IAT des agents de surveillance des musées.

CFDT-CULTURE, CFTC, CNT-CCS, SNAC-FO, SNASUB-FSU,
SUD CULTURE SOLIDAIRES, UNSA


Une nouvelle fois, l’intersyndicale, représentant la majorité des personnels concernés, avait déposé pour le 14 mars un préavis de grève pour obtenir une hausse égalitaire de la prime d’Indemnité d’Administration et de Technicité (IAT) des agents de la filière ASM, afin qu’elle atteigne au moins 150 euros. Au-delà, il s’agit d’obtenir l’harmonisation et le traitement égalitaire des indemnités pour l’ensemble des corps et des catégories et, plus largement encore, la revalorisation des bas salaireset la fin du sous-effectif.


La veille (13 mars), deux représentants de la DAG avaient été commis d’office pour recevoir l’intersyndicale, dans le cadre de ce préavis de grève. Cette réunion s’est révélée être une véritable mascarade, la DAG s’étant bornée à annoncer qu’elle n’avait aucun mandat pour négocier et que des éléments d’information seraient communiqués le lendemain à l’occasion d’une réunion préparatoire à celle du 3 avril sur l’Observatoire des Rémunérations.


Une délégation de l’intersyndicale (CFDT-CULTURE, CFTC, CNT-CCS, SNAC-FO, SNASUB-FSU, SUD CULTURE SOLIDAIRES, UNSA) s’est rendue à cette énième réunion à laquelle avait été convié l’ensemble des organisations syndicales du ministère. Une délégation un peu plus imposante de la DAG avait prévu de présenter un bel exposé, sous Powerpoint, sur la situation indemnitaire des agents et adjoints de la filière ASM. En préalable, nous avons rappelé que cette réunion avait été convoquée par la DAG suite au mouvement revendicatif déclenché dans les musées et que, tout naturellement, elle devait s’inscrire dans le cadre du préavis de grève et constituer un réel espace de négociation et non d’information. En conséquence, nous attendions des réponses précises aux revendications des personnels et la communication des éléments promis par le conseiller social.


Faute de réponse, l’intersyndicale a considéré qu’il était inutile de participer plus longtemps à cette réunion-alibi. La centaine d’agents en grève, soit la moitié des affectifs concernés présents, a décidé de bloquer les caisses pour une nouvelle opération « gratuité ». Le mouvement de grève a également touché l’établissement public de Versailles, le musée d’Orsay, le château de Compiègne et la Bnf.


Le conseiller social du ministère a refusé de recevoir une délégation de l’intersyndicale. Il s’est contenté, à l’occasion d’un contact téléphonique, de renvoyer à la réunion de l’Observatoire des Rémunérations du 3 avril dont l’objet sera de faire un point complet sur les primes au ministère. Cette situation, qui illustre une nouvelle fois le déni de dialogue social et le mépris envers les personnels qui caractérisent ce ministère, apparait donc bloquée. Le ministère porte l’entière responsabilité des actions qui seront menées par les personnels excédés.


Agents de la filière accueil, surveillance et magasinage, archéologues, guides conférenciers de la RMN inquiets pour leur futur statut, jardiniers inquiets de la disparition programmée de leur corps, intermittents du spectacle : toutes et tous expriment avec force le malaise qui tend à se généraliser au sein de la culture. Il faudra bien qu’une réponse soit apportée rapidement.


L’intersyndicale s’est rencontrée le jeudi 22 mars pour préparer la réunion du 3 avril. Nous appelons les agents à se réunir en AG, après cette date, pour prendre acte des réponses du MCC et des suites à donner.

                                                                                       

Paris, le 22 mars 2007

14.03.2007

Article publié sur evene.fr : L’envers du décor : Grève dans les musées

L’envers du décor

GRÈVE DANS LES MUSÉES


Depuis le 9 février 2007 les agents de surveillance de plusieurs musées, Louvre, Orsay, Versailles, ont entrepris une grève. Rencontre avec deux déléguées syndicaux, Anne-Marie Andrzejczak de Sud Culture Solidaires et Nathalie Tchenquéla de CFDT Culture, afin de comprendre les raisons d’un tel mouvement.

 

Si la culture, par sa diffusion, son essence et sa fonction, semble ne pas intéresser les candidats à la présidentielle, il n’en reste pas moins que les problèmes et les conflits demeurent. Quand la dissymétrie, entre les exigences légitimes des agents de surveillance pour un fonctionnement efficace des musées et les moyens matériels proposés, apparaît de plus en plus éclatante, peut-on encore concevoir la coexistence d’une mission de service public basée sur la médiation culturelle et la démocratisation du savoir avec des objectifs d’autonomisation et de rentabilité ? Eléments de réponses avec deux syndicalistes et agents de surveillance.


Depuis combien de temps la grève a-t-elle commencé au Louvre ?

Nathalie Tchenquéla : Depuis le 9 février. On a lancé le préavis depuis la grève “service public” du 8 février et on a pensé qu’il était intéressant de créer une dynamique puisque la revalorisation de la prime en question est une partie de cette revendication sur la hausse des salaires dans la fonction publique.

 

La grève est-elle suivie ?


Anne-Marie Andrzejczak : Une grève, ça se construit doucement. Je précise que les agents de surveillance du musée du Louvre concernés par la revendication sont environ 480 dans les salles et une dizaine dans les vestiaires. Les agents ont apporté à Sud Culture la pétition que nous avons transmise aux autres syndicats pour que l’on puisse mener quelque chose en front unitaire. On a popularisé la revendication aux autres musées, Versailles, Picasso, Guimet et Orsay. Versailles et Orsay ont suivi la grève. Pour les autres musées, on est au stade de l’information, pas encore de la mobilisation et c’est tout l’enjeu de notre boulot. En nombre d’agents sur le Louvre, il faut savoir que des équipes tournent. Tout le monde ne travaille pas en même temps. Tous les jours, il faut environ de 150 à 160 personnes, jusqu’à 210. Sur l’ensemble des agents concernés, il y a eu 183 personnes qui se sont mobilisées pour au moins une journée de “grève

 

 

Combien de syndicats soutiennent le mouvement ?

AA : Trois sur quatre au Louvre, Sud Culture solidaires, CFDT Culture et FO.


Que réclament très précisément les grévistes ?

AA : Ils demandent que leur indemnité passe de 100 euros à 150 euros. Cette indemnité est ce que l’on appelle l’IAT ou “indemnité d’administration et de technicité”. A coté du salaire de la fonction publique, il y a des indemnités qui reconnaissent une technicité spécifique à tel ou tel métier, pour les catégories B et C. Cette technicité correspond à tout ce que l’on développe comme savoir, savoir-faire, qualifications pour effectuer une mission bien précise. Ici, il s’agit de compétences liées à la maîtrise de plusieurs langues, à la gestion d’un public de plus en plus nombreux, à des formations et une connaissance des normes de sécurité.

NT : Cette IAT comprend à la fois ces compétences et leur évolution dans le temps, puisque les conditions de travail et la fonction même de l’agent de surveillance se sont énormément transformées. Même le ministère qui ne veut pas l’augmenter a dit que cette prime était légitime et raisonnable.


Mais au-delà de cette revendication spécifique, la grève n’est-elle pas la conséquence d’un malaise général des agents de musées ?


NT : Certainement ! A travers cette demande de revalorisation de cette prime, les agents ont voulu que l’on reconnaisse les missions qu’ils effectuent. Depuis 15 ans, on nous parle de la professionnalisation de l’agent de surveillance sans nous donner les moyens de la réaliser. Et tous les 3 ans, la direction négocie un nouveau contrat de performances avec des objectifs précis. Mais c’est un jeu de dupe, parce que le ministère de la Culture ne leur donne jamais le nombre d’emplois nécessaire au développement d’une politique culturelle dont ils ont le rêve. Il y a beaucoup de conservateurs qui rêvent de donner la culture aux gens, de la démocratiser avec pédagogie et esthétique mais pour faire ça, il faut de nombreuses personnes et beaucoup de moyens financiers.

AA : Les moyens donnés ne sont pas à la hauteur des exigences et des projets culturels rêvés. Il ne s’agit pas de s’opposer spontanément aux responsables des établissements publics culturels mais de considérer la réalité des conditions de développement. Quand ils font rentrer l’art contemporain au sein du Louvre, qu’ils organisent des séances de slam ou de danses modernes dans les salles du musée, ce sont de très bonnes initiatives. Mais, par manque de moyens, ils créent des conditions de travail de plus en plus pesantes. En tirant sur les effectifs, par exemple.


Ce sont finalement les agents qui trinquent ?

NT : Evidemment ! La nouvelle façon de gérer les personnels consiste à mettre les agents en concurrence sur le même poste de travail. Ca a tendance à mettre une pression supplémentaire et une tension entre différentes catégories de personnes. Je travaille en salle, j’ai l’impact du public, c’est-à-dire plus de 8 millions de visiteurs par an, je donne mon savoir et mes compétences que j’essaye de développer, et, en retour, j’ai plus de stress et de pénibilité.


AA : Mais en plus, il y a l’apparition de la notion de mérite. La personne est récompensée sur sa manière de servir parce qu’elle est au service du public. Or, avec la réforme de l’Etat, l’IAT est devenue une prime modulable, notée par les chefs de service, selon la manière de servir de l’agent. Avant en catégorie C, il n’y avait pas de primes modulables (pour ne pas moduler les bas salaires). Comme syndicaliste je lis la presse du patronat. Dans une revue, j’ai trouvé un article où un grand patron donnait des conseils de management. En 1987, il disait : “On ne module pas les bas salaires (jusqu’à deux fois le SMIC), ce n’est que porteur de conflits sociaux entre les agents.” Pourtant, la fonction publique, depuis 2002, a instauré la modulation des bas salaires dans ses services. Avant, elle ne concernait que les cadres (catégories A et B), aujourd’hui, elle s’exerce sur les salaires de “subsistances”.


Mais en ce qui concerne la pénibilité du travail, les agents ont plutôt une image d’indolence auprès du public ?

AA : C’est un a priori injuste, la pénibilité est effective et considérable. Par exemple, l’interdiction de photographier au 1er étage de Denon et précisément à la Joconde et dans la galerie d’Apollon est très préjudiciable aux agents par la manière dont elle est appliquée. Les représentants du personnel étaient plus ou moins d’accord pour l’interdiction, à condition d’apporter des moyens à la hauteur. Or, ce n’est pas le cas. Pourquoi ils veulent interdire les photos à cet endroit ? Parce qu’il y a la Joconde, c'est-à-dire un flux conséquent, des pickpockets, une sécurité renforcée... Malheureusement, il n’y a pas assez d’informations, la gestion de flux est souvent mauvaise en amont, les visiteurs ne comprennent pas cette interdiction et les actes d’incivilité se multiplient. En définitive, les surveillants jouent les fusibles. C’est une vraie pénibilité.


NT : L’agent ne se reconnaît plus. D’un coté, on lui demande de faire de l’accueil, de la médiation culturelle, ce qui est une mission gratifiante pour lui et bénéfique pour les visiteurs. De l’autre, il se retrouve dans un secteur très difficile où il passe sa journée à faire le flic. Le gardien de musée assis sur son siège est un préjugé anachronique et faux et, surtout, ce n’est pas ce que souhaitent les agents eux-mêmes. Ils veulent donner satisfaction aux visiteurs tout en ayant l’impression de remplir une mission de service public pédagogique et culturelle.


Il ne faut donc pas interdire les photos ?

AA : D’un point de vue éthique, les syndicalistes sont défavorables à une interdiction de photographier. Les flashes n’ont pas d’impacts sur les peintures et les sculptures, seulement sur les tapisseries. L’interdiction est liée à la gestion de flux. Interdire ce média populaire est difficilement supportable pour les visiteurs. La photo est un vrai plaisir pour les gens et c’est aussi une forme démocratique de diffusion de la chose culturelle. A contrario, on peut régler efficacement le problème de la gestion de flux par une augmentation des effectifs d’agents, une meilleure information et une politique culturelle concrète, un peu plus ciblée sur l’instruction ou la transmission du savoir aux dépens d’un objectif déconcertant d’amélioration de la rentabilité.


C’est bien beau, mais quand vous faites grève, vous n’êtes pas très complices avec le visiteur ?


NT : Premièrement ce n’est pas un jeu de faire la grève, les agents de surveillance perdent de l’argent quand ils agissent de la sorte. En attendant le 14 mars, qui est la date de la prochaine négociation, on ne veut pas entraîner les gens dans une grève trop onéreuse, ni laisser la situation se détériorer progressivement, ni la radicaliser complètement. On se sert de ce temps pour informer, organiser une stratégie appropriée et populariser la grève pour l’ensemble des musées et des catégories. Deuxièmement, on a choisi un blocage des caisses avec gratuité pour les visiteurs pour ne pas les pénaliser. On s’est aussi rendu compte que ce type d’actions était populaire, ludique (dialogues courtois avec les gens) et avait des répercussions médiatiques considérables. C’est une espèce d’alternative fraternelle au “service minimum” puisque l’action revendicatrice concrète existe sans désagrément pour les visiteurs. La direction perd de l’argent mais elle s’en fout. Par contre, elle perd en image, surtout à l’étranger. L’impact international est réel.


Pour terminer, quelle place pour la culture dans cette société de consommation ?

NT : Le rôle de la culture, c’est l’émancipation de l’individu. Tout en considérant que l’émancipation de l’individu n’empêche pas la revendication collective…

 

La rédaction d’Evene.fr - Mars 2007

 

 

 

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12.03.2007

Tract intersyndical BNF: Face aux bas salaires et au sous-effectif, mobilisons-nous maintenant

CFDT    CNT    FSU    SUD

Bibliothèque Nationale de France

 

 

Face aux bas salaires et au sous-effectif, mobilisons-nous maintenant :



Le 14 mars, l’intersyndicale nationale du ministère de la Culture (CFDT, CFTC, CNT, FO, SNASUB-FSU, SUD, UNSA) appelle à la grève pour réclamer une hausse égalitaire de la prime d’Indemnité d’Administration et de Technicité des agents de la filière ASM, afin qu’elle atteigne au moins 150 euros. Mais, au-delà de cette revendication, qui concerne directement ou indirectement l’ensemble des fonctionnaires de la BNF, c’est bien la question des bas salaires de tous les salariés de la fonction publique qui est posée. Car, alors que nos salaires stagnent, le coût de la vie lui augmente, réduisant ainsi notre pouvoir d’achat. C’est pourquoi cette lutte doit nous permettre d’obtenir :

L’augmentation de l’IAT et des salaires, avec une priorité aux bas salaires, ainsi que l’intégration de cette prime dans le calcul des retraites.

 

De plus, cette lutte pour la répartition égalitaire de l’enveloppe indemnitaire s’inscrit dans une exigence de reconnaissance de missions toujours plus nombreuses et un refus d’un système de rémunération modulée, donc forcément facteur d’injustices sociales et individuelles, à travers entre autre l’entretien d’évaluation/modulation.

Refusons le salaire «au mérite» et défendons le principe : à travail égal, salaire égal.

 

Enfin, le principal problème actuellement à la BNF est bien sûr celui du sous-effectif. Depuis plusieurs années, notre établissement perd des postes, ce qui entraîne une augmentation de la charge de travail des agents, une dégradation de leurs conditions de travail et aussi un abaissement des services offerts au public. De l’aveu même de la direction de la BNF, il manque 40 postes à la BNF pour atteindre le chiffre minimum d’agents pour pouvoir fonctionner. Mais en fait, c’est plus d’une centaine de postes que nous avons perdu depuis plus d’un an. Les conséquences de cette baisse des effectifs, qui touche toutes les catégories et tous les services, nous les subissons tous les jours : fatigue, stress, pressions hiérarchiques, blocage des mutations, difficultés pour les congés et les formations… Pendant ce temps, la précarité continue à être le sort de centaines de vacataires qui n’ont aucun avenir professionnel. Face à cette situation inacceptable, mobilisons-nous pour :

L’obtention des postes d’agents titulaires nécessaires au bon fonctionnement de la BNF et un plan de titularisation des précaires.

 

Le seul moyen de voir nos demandes satisfaites, c’est d’agir collectivement, en créant un rapport de force suffisant pour faire pression sur nos tutelles. Les seuls combats que nous sommes sûrs de perdre sont ceux que l’on ne livre pas. Par conséquent, nous devons être le plus nombreux possible en :

 

Assemblée Générale des agents de la BNF,

mardi 13 Mars, 12 h 30 dans les locaux syndicaux !

(Vous avez droit à une heure d’information syndicale mensuelle sur le temps de travail, décret de 1982)


Grève mercredi 14 Mars,

Rassemblement au Palais-Royal à partir de 15 h 30 !

 

 

Téléchargez le tract ici

09.03.2007

Tract intersyndical : PERSONNELS DE LA FILIERE ACCUEIL, SURVEILLANCE, MAGASINAGE ET ARCHEOLOGUES EN COLERE ET EN LUTTE !

CFDT Culture, CFTC, CNT-CCS, SNAC-FO,

SNASUB-FSU, SUD Culture Solidaires, UNSA

 

14 MARS 2007

 

PERSONNELS DE LA FILIERE ACCUEIL, SURVEILLANCE, MAGASINAGE

 ET ARCHEOLOGUES EN COLERE ET EN LUTTE !

     

6 mars : Moyennant une pluie de pétrodollars, Renaud Donnedieu de Vabres signe, à Abou Dhabi, un accord « franchisant » la marque Louvre.

 

Pendant ce temps là, il s’obstine à ignorer à la colère qui, depuis des mois, s’est installée –au sein même de son ministère- chez deux des acteurs de la vie culturelle : les archéologues et les personnels de surveillance des musées.

 

Cette colère est alimentée par au moins deux points communs :

 

*La revendication d’une amélioration des conditions de travail décentes qui passe par la fin de la précarité et une hausse des effectifs permettant d’accomplir au mieux les missions de service public,

*L’exigence d’une augmentation du pouvoir d’achat qui doit se traduire par une augmentation du point d’indice avec rattrapage de la perte du pouvoir d’achat et, sur un autre plan, par l’augmentation du régime indemnitaire statutaire.

 

Ces demandes ont été, pour la plupart, jugées légitimes par le ministère. Mais, concrètement, les avancées restent extrêmement limitées. En effet, seul a été réglé, provisoirement et dans des conditions loin d’être satisfaisantes, le problème de la précarité à l’Inrap grâce à un plan de cédéisation concernant près de 350 précaires en CDD.

 

Il n’y a donc pas lieu de pavoiser.

 

Le problème de l’archéologie préventive reste entier : faute de moyens à hauteur des enjeux, cette discipline restera sacrifiée et c’est tout un pan du patrimoine qui est appelé à disparaître purement et simplement. A nous de faire en sorte que soit assuré un financement pérenne du service public de l’archéologie préventive qui ne se fasse pas au détriment des autres services et établissements du ministère, que les effectifs du service public de l’archéologie soient augmentés et stabilisés à hauteur des besoins.

La demande de revalorisation de la prime IAT des agents et adjoints de la filière ASM, revendication pourtant bien minime, se heurte à des manœuvres dilatoires du ministère, obligeant les agents concernés à multiplier grèves et actions pour se faire entendre. Au-delà de cette revendication, c’est la revalorisation générale des bas salaires et un traitement égalitaire des indemnités  qui doivent être exigés sur l’ensemble du ministère.

 

Pour les organisations syndicales signataires, ces deux mobilisations expriment de manière particulièrement visible une situation qui tend à se généraliser à la Culture. Ne posent-elles pas aujourd’hui le problème de la construction d’un mouvement général au sein de la Culture ? Beaucoup d’entre nous pensent que oui. D’autant plus que de leur coté les intermittents du spectacle ont relancé la lutte contre le nouveau protocole d’assurance chômage qui leur a été imposé et qui sera appliqué dès le 31 mars, ouvrant ainsi la voie à la baisse des allocations, au durcissement des conditions d’accès, à l’exclusion de 42000 d’entre eux

 

Pour mettre fin à la surdité qui semble caractériser un ministère en fin de mandat, pour un véritable service public de la culture accessible à tous, plus que jamais, la colère doit s’amplifier et les combats doivent converger sur la base des revendications définies par les agents !

 

JANVIER ET FEVRIER FURENT CHAUDS.

MARS DOIT ETRE BRULANT !

 

Paris, le 09 mars 2007

08.03.2007

Tract intersyndical: MOBILISONS NOUS TOUS POUR DES REVENDICATIONS JUSTES ET LÉGITIMES !

CFDT Culture, CFTC, CNT-CCS, SNAC-FO, SNASUB-FSU, SUD Culture Solidaires, UNSA

 

MOBILISONS NOUS TOUS POUR DES REVENDICATIONS JUSTES ET LÉGITIMES !

 

 

Depuis le 9 février, les agents d’accueil, de surveillance et de magasinage, principalement sur les sites du Louvre, d’Orsay et de Versailles ont engagé une épreuve de force avec le ministère afin que soit entendue leur voix sur la politique tant indemnitaire que salariale.

 

Bien entendu, exiger aujourd’hui la réévaluation de l’IAT et la création d’un plancher minimum garanti à 150 euros, est un premier pas qui vise à en finir avec cette politique qui, via un système pervers d’évaluation-notation, veut asservir le mérite au rendement de chacun et diviser les agents entre eux. Une telle politique ne peut qu’entraîner la mise en concurrence des personnels et générer des injustices sociales et individuelles.

 

Mais cette revendication n’est finalement que “ l’arbre qui cache la forêt ”. Ce n’est pas avec des revalorisations salariales octroyées avec pingrerie que le gouvernement français rattrapera la perte accumulée de pouvoir d’achat des fonctionnaires depuis bientôt dix ans. Pour un salaire d’entrée dans la fonction publique, une revalorisation salariale de 1% ne se traduit que par une augmentation de son traitement brut d’environ 12 à 15 euros annuels.

 

De qui se moque t-on ? car pendant ce temps, le coût de la vie ne cesse d’augmenter (loyer, alimentation, assurances, agios bancaires…)

 

Le vrai problème demeure la question plus globale des salaires, notamment des plus bas, afin que chacun puisse vivre mieux son quotidien et que ses missions toujours plus nombreuses soient reconnues à leur juste valeur.

 

Seul doit s’appliquer le principe “ à travail égal, salaire égal ”

 

Les bas salaires du MCC répondent collectivement “ NON ” et comptent bien se faire entendre le 14 mars.

 

 

POUR QUE NOTRE COMBAT D’AUJOURD’HUI SOIT NOTRE VICTOIRE DE DEMAIN, PARTICIPEZ MASSIVEMENT LE 14 MARS DANS VOS ÉTABLISSEMENTS À CETTE JOURNÉE DE MOBILISATION  ET DE GRÈVE.

 

RETROUVONS NOUS TOUS AUX COLONNES DE BUREN A PARTIR DE 15H30

 

RIEN N’EST JAMAIS JOUÉ SI L’ON SE REFUSE A SUBIR ET C’EST  TOUS ENSEMBLE QUE NOUS RÉUSSIRONS Ą IMPOSER NOS CHOIX

 

 

 

01.03.2007

CNT : Contre les bas salaires et le sous-effectif, La lutte du personnel des musées ne doit être qu’un début.

 

Confédération Nationale du Travail

Fédération de la Communication, de la Culture et du Spectacle

Syndicat de la Culture et du Spectacle d’Ile-de-France

33 rue des Vignoles, 75020 Paris, mail : cnt-culture-spectacle@no.log.org

 

 

Contre les bas salaires et le sous-effectif,

La lutte du personnel des musées ne doit être qu’un début

 

Depuis le 8 février, le personnel de la filière Accueil –Surveillance et Magasinage du ministère de la Culture en Ile-de-France est en lutte à l’appel de l’intersyndicale CFDT-FO-SUD pour réclamer une hausse du montant de sa prime d’Indemnité d’Administration et de Technicité.

 

Ces agents revendiquent en effet que cette prime soit augmentée de façon égalitaire, afin qu’elle soit d’au moins 150 euros par mois. Devant le refus du ministère de la Culture d’accepter clairement cette revendication justifiée, les salariés concernés ont multiplié les journées de grève et les actions, telle la gratuité de l’entrée, dans des établissements comme Le Louvre, Versailles, Orsay ou Guimet.

 

Pour sa part, la CNT Culture-Spectacle apporte tout son soutien à la lutte de ces agents et les appelle à poursuivre leur action jusqu’à la victoire. De même, nous appelons les salariés relevant de cette filière qui n’auraient pas encore rejoints la mobilisation à le faire le plus vite possible. Enfin, nous invitons le reste du personnel du ministère de la Culture et les employés des établissements du secteur culturel à se solidariser avec cette lutte. Par conséquent, la CNT Culture-Spectacle fera tout ce qu’elle peut, dans la mesure de ses moyens, pour informer et mobiliser les agents là où elle est présente.

 

Néanmoins, nous ne pensons pas que cette lutte pour la prime IAT puisse être une fin en soi.

 

Car, à travers cette question, c’est le problème de la perte de pouvoir d’achat par les bas salaires et de l’inégalité des salaires entre le différents corps qui est posé.

 

C’est pourquoi nous réclamons tout d’abord que la prime IAT soit la même pour tous les agents, quelques soient leurs corps et leurs filières, ensuite que cette prime soit intégrée dans les salaires de base et que ceux-ci soient augmentés, avec une augmentation plus forte pour les bas salaires, afin de réduire les inégalités salariales.

 

De plus, cette lutte pose aussi les questions de l’augmentation de la charge de travail des salariés du ministère de la Culture, du manque d’effectifs empêchant les établissements de celui-ci d’assurer leurs missions de service public et de la plaie de la précarité. C’est seulement en s’attaquant à ces dérives que nous pourrons améliorer vraiment la situation des agents.

 

Mais, tous ces points concernent bien entendu tous les agents du ministère de la Culture. Le meilleur moyen d'obtenir satisfaction est par conséquent de nous mobiliser tous ensemble pour créer un rapport de force suffisant pour faire plier le gouvernement. Nous devons rejoindre nos collègues de la filière ASM dans la lutte, sans attendre qu’ils s’épuisent. C’est en fédérant nos revendications et nos colères que nous pourrons avancer, pas en nous enfermant dans des luttes partielles. La mobilisation des musées doit être un point d’appui pour élargir la mobilisation.

           

Nos problèmes sont les mêmes, nos combats le sont aussi.

Seule la lutte paye.

 

La lutte des agents du ministère de la Culture nous concerne tous !

 CFDT - CNT - FSU - SUD

 

La lutte des agents

 

du ministère de la Culture

 

nous concerne tous !

Dep

Depuis le 8 février, le personnel de la filière Accueil – Surveillance et Magasinage du ministère de la Culture est en lutte, à l’appel de l’intersyndicale CFDT-FO-SUD et avec le soutien de la CNT, pour réclamer une hausse du montant de sa prime d’Indemnité d’Administration et de Technicité.

 

Ces agents revendiquent en effet que cette prime soit augmentée de façon égalitaire afin qu’elle soit d’au moins 150 euros par mois. Devant le refus du ministère de la Culture d’accepter clairement cette revendication justifiée, les salariés concernés ont dû multiplier les journées de grève et les actions, telle la gratuité des entrées, dans des établissements comme Le Louvre, Versailles, Orsay ou Guimet.

 

Pour leur part, les sections syndicales CFDT, CNT, FSU et SUD de la Bibliothèque Nationale de France soutiennent totalement cette lutte. Non seulement parce que nous devons être solidaires de nos collègues des autres établissements de la Culture, mais aussi parce qu’une partie des agents de la BNF appartient à la filière ASM et est donc directement concernée par cette question. Par conséquent, nous appelons ces personnes à s’organiser pour décider de quelle façon elles peuvent s’investir dans une mobilisation qui aura une influence concrète sur leurs rémunérations.

 

De plus, il s’agit d’un mouvement de lutte qui s’adresse aussi au reste du personnel de la BNF. En effet, l’action des salariés des musées est née d’un sentiment de ras-le-bol face à une série de problèmes qui nous touchent d’une façon semblable :

 

- La perte de pouvoir d’achat et la faiblesse des bas salaires, contre lesquelles nous avons fait grève le 8 février 2007.

           

- Le manque d’effectifs, qui entraîne une augmentation de la charge de travail et une dégradation des missions de service public, situation que nous ne connaissons que trop bien à la BNF.

 

- La fatigue, le stress, le blocage des carrières et l’utilisation de la précarité comme variable d’ajustement, qui touchent directement les agents de la BNF. 

 

Ces attaques contre nos conditions de travail sont les mêmes, donc notre lutte doit être la même. Car, si nos collègues des musées ont raison de réclamer une hausse de leur prime d’IAT en compensation, cette mobilisation doit aussi être une occasion pour poser tous les autres problèmes. C’est pourquoi nous invitons tout le personnel de la BNF à assister à la :

Réunion d’information pour la lutte des établissements culturels,

 

Le vendredi 2 Mars à 12 H 30 dans les locaux syndicaux !


 Nous rappelons que les agents peuvent utiliser à cette occasion leur Heure Mensuelle d’Information syndicale, qui compte comme du temps de travail.                                                                                 01/02/2007


28.02.2007

28.02 : Lettre ouverte au ministre (Intersyndicale)

CFDT Culture/ SNAC-FO/ SUD Culture Solidaires

 

 

Paris, le 28 février 2007

 

 

        Monsieur le Ministre,

 

Comme nous vous le déclarions au CTPM du 13 février, les agents d’accueil, de surveillance et de magasinage, notamment au Louvre, à Orsay et à Versailles, se sont mobilisés pour la revalorisation de leur indemnité d’administration et de technicité afin qu’elle atteigne un plancher minimal garanti par le MCC à 150 euros minimum.

 

Nous vous l’avions dit lors du CTPM, ce mouvement prend pour base une revendication salariale légitimée par l’augmentation des missions et le rôle indispensable des agents de cette filière pour assurer un accueil de qualité pour un public de plus en plus nombreux et demandeur d’un haut niveau de médiation culturelle. Comme les assemblées générales l’ont révélé, les agents en ont assez d’une organisation du travail qui ne répond pas aux besoins des usagers, du sous-effectif permanent, de la précarité constante, de la dégradation des conditions de vie et de travail et des méthodes de management visant à moduler les salaires de subsistance.

  

Bien qu’il ait reconnu le caractère « légitime et raisonnable » de cette revendication, votre Cabinet a refusé de négocier et repoussé l’examen de cette demande à la prochaine réunion de l’Observatoire des rémunérations du 3 avril et à une réunion spécifique sur la filière ASM prévue le 14 mars.

 

Par ailleurs, la désinformation du ministère au sujet du nombre des grévistes (précisons pour exemple qu’au Louvre sur les 500 agents environ concernés par la revendication, 184 se sont inscrits au moins une journée dans la grève, totalisant ainsi 325 jours de grève), la volonté de rendre invisible la grève, l’ouverture de sites (Orsay) alors que l’effectif minimum de sécurité n’était pas atteint pour garantir des conditions de sécurité et d’accueil aux usagers, l’utilisation de tous les moyens de pression et d’intimidation pour empêcher les agents d’exercer leur droit aux AG et à la grève, les moqueries et  autres vexations jusqu’à la convocation systématique d’huissiers sur les actions d’ouverture gratuite effectuées par les grévistes ont contribué largement à la montée du mécontentement des agents devant cette attitude.

 

 Les agents concernés ont décidé de poursuivre jusqu’au 14 mars des actions de visibilité afin de montrer qu’ils sont toujours là et qu’ils entendent bien se faire entendre.

 

Les propos tenus par votre Conseiller social aux organisations syndicales et les instructions qui sont données aux établissements afin qu’ils augmentent pressions et menaces de sanction sur les agents et leurs représentants ne peuvent qu’aggraver une situation déjà tendue.

 

Nos organisations vous demandent donc un rendez-vous dans les meilleurs délais dans le cadre du préavis de grève pour le 14 mars qui vous parviendra dans les délais légaux.

 

 Veuillez agréer nos meilleures salutations syndicales.

 

 

Téléchargez la lettre ici 

23.02.2007

Communiqué intersyndical 22/02/2007 (CFDT-CULTURE / SNAC-FO / SUD CULTURE SOLIDAIRES)

IAT de la filière ASM : Les actions se poursuivent et… se poursuivront.

 

 

Le ministère de la culture a renvoyé toute discussion sur les revendications des agents de la filière accueil, surveillance et magasinage au 14 mars. Il recevra alors les organisations syndicales dans le cadre d’une réunion préparatoire à l’observatoire des rémunérations au MCC, prévue le 4 avril, après avoir été reportée à plusieurs reprises.

 

Bien décidé à maintenir la pression d’ici le 14 mars, les «gardiens de musée en colère » ont bloqué, jeudi 22 février, les caisses du musée d'Orsay, permettant ainsi l’accès gratuit pour les visiteurs.

 

Pour seule réponse, le ministère a qualifié cette action «d’illégale» et a agité des menaces de sanction, voire de poursuites judiciaires. De plus, il a donné instruction aux établissements concernés de «dissuader» chaque agent de participer aux assemblées générales sous peine d’une retenue sur salaire. Pour sa part, la direction du Louvre a décidé de ne pas étaler les retenues de salaire pour les grévistes et de «sévir» dès la paye de février.

 

Il s’expose ainsi à une radicalisation de la lutte et, jusqu’au 14 mars, assemblées générales et actions ponctuelles se poursuivront afin de peser sur la demande de revalorisation de l’IAT à 150 euros minimum.

 

Nous remercions tous ceux qui ont décidé de soutenir financièrement les grévistes dans leur lutte (la « caisse de grève » totalise actuellement 7000 euros). La solidarité doit encore se poursuivre. Envoyer vos chèques 12 rue de Louvois 75001 Paris à Sud Culture Solidaires, la CFDT Culture ou au SNAC-FO avec, au dos, la mention «les gardiens de musée en colère».

 

22.02.2007

L’article de l’Humanité Dimanche du 22 au 28 février 2007

«François Bône gardien encyclopédique»

Au Louvre, il veille sur les œuvres et le public qu’il renseigne et éclaire de ses lectures. Autodidacte de l’art, il a fait grève pour défendre son métier menacé par l’hyperconsommation culturelle

 

François Bône s’est formé seul, à force de lectures, de documentaires et de flâneries dans les musées, surtout au Louvre. A tel point qu’il a sympathisé avec ses gardiens. « Ils savaient que j’avais des difficultés. Un gardien m’a dit : ah, au fait, pourquoi tu ne passes pas le concours ? » Chose dite, chose faite.

En 1995, comme 7000 autres personnes, il se présente au concours de catégorie C pour le recrutement de 20 agents d’accueil, de surveillance et de magasinage (agent ASM). « On était censé être sans qualification mais c’était une époque de super-chômage. Travailler dans un musée prestigieux, même en catégorie C, c’était mieux que rien. » Certains avaient donc jusqu’à bac+6. Lui en était bien loin mais il a brillament réussi. Trop modeste, il cache à ses collègues son rang au concours.

Cet homme discret a toujours rêvé de travailler dans le domaine de l’art. Non pas comme artiste : il dessine et peint « en amateur », insiste-t-il, habitué à ce que l’on désigne certains gardiens comme des « artistes égarés ». A 17 ans, il voulait faire l’Ecole du Louvre. « Un jour, je suis venu en train à Paris. Je me suis perdu et je n’ai jamais réussi à trouver la porte de l’école. Je suis rentré bredouille, le soir. Le destin a voulu que je revienne ici non comme conservateur mais comme gardien. »

Il adore son métier et connaît ce « musée encyclopédique » comme sa poche. « Arts d’islam, arts premiers, peintres hollandais, sculpture française de la Renaissance, salles égyptiennes… Je n’ai pas de préférence. » Dans ces 33 000 m2, il est capable de guider une équipe de tournage, de plans inclinés en prises de courant, en passant par les ascenseurs.

Il sait ce qu’il y a mais aussi ce qu’il n’y a pas. « Quand on me demande le « Blue Boy », de Gainsborough, ou « Vitruvian Man », de Vinci, je sais que l’un est aux Etats Unis et l’autre à Venise. » Demandez-lui où Van Gogh donnait rendez-vous à son frère et il vous répondra « à la salle Carrée. Devant un tableau de Poussin, François vous éclairera avec les correspondances du peintre qu’il est en train de lire. « Ça fait plaisir aux visiteurs. Ça enrichit la relation. » Et le tout en plusieurs langues. Il maîtrise l’anglais et plutôt bien l’allemand. Il connaît un peu l’italien, baragouine le russe, et a suivi une formation de 6 mois de chinois, financée par le Louvre. « C’est quand même un petit métier de se débrouiller avec les langues », dit-il sans fausse humilité.

Un « petit » métier pourtant peu reconnu, que ses collègues et lui craignent de voir disparaître, en même temps que « la culture à la Malraux ». « Je ne vais pas vous faire un exposé, ça occupe 2000 pages dans ses écrits », rigole-t-il. Mais il voit bien que plus le nombre de visiteurs croît (8,3 millions en 2006), moins la qualité de leur visite importe.

« Le Louvre vient de créer une nouvelle catégorie d’agents, les référents de collection (une centaine d’agents sur les 600 du musée). Leurs connaissances sont reconnues pour 40 à 50 euros de prime en plus. Donc, les autres, on considère qu’ils doivent se contenter de surveiller. » C’est pourquoi il s’est mis en grève. « Ces 40 à 50 euros, on les réclame tous. C’est symbolique. Des milliards vont être dépensés pour envoyer le Louvre à Abu Dhabi, mais on nous refuse cette reconnaissance. »

Le « Lunaparc pour milliardaires et ghetto muséal » d’un côté, de l’autre, la conception d’une culture qui ne se consomme pas frénétiquement mais qui se partage et s’acquiert patiemment. Et, au centre, des François qui atteignent 1 400 à 1 500 euros par mois à condition de faire les « journées continues ». « 45 heures par semaine, pendant 3 ans… j’ai craqué, physiquement. » L’année dernière, il a travaillé 22 dimanches, les jours fériés, plus les extras des visites privées de mécénats d’entreprise. « Si je tombe malade, je perds ces primes. » Sans cela, François gagne 1288 euros pour payer seul les 665m2 de son « cube de 17 m2, côté Opéra. » et quelques livres « à –30% à la librairie du Louvre ». C’est ainsi qu’il connaît les musées étrangers sans y être jamais allé.

Marion Esquerré

Pour l’Humanité Dimanche du 22 au 28 février 2007